Auteur/autrice : admin4639

  • Cette étrange impression

    Elle nous saisit, comme ça, sans prévenir. On a du mal à le croire d’abord… Mais c’est une évidence. Cette étrange impression d’avoir vu un chef d’oeuvre. Pourtant, le film n’est pas si connu, pas si bien noté. Mais on est là, devant la salle de cinéma ou Boulevard Saint Germain. Je suis là et je sais. En rentrant chez moi, je sais que j’ai vu un chef d’oeuvre. 

    Bien sûr, ma version du chef d’oeuvre n’est pas la votre. Le chef d’oeuvre devrait être universel, et pourtant il ne l’est pas. Mais vous avez tort !! Car moi j’ai raison. Oui c’était un chef d’oeuvre, je le dit bien haut pour les critiques abonnés à l’air du temps. Aujourd’hui, comme peut être toujours, le cinéma est bien trop affilié à une vague réaction, un commentaire du temps qui passe.  Mais les vrais oeuvres, le vrai cinéma s’affranchit de tout ça. Le vrai cinéma – ce que j’appelle le vrai cinéma – n’est pas How to Have Sex ou autre film de l’époque. Ce n’est même pas le dernier Scorsese, bien que je l’ai trouvé si bon. Le vrai cinéma, pour moi, n’apporte aucun jugement moral sur ce qu’il montre. Il montre, et laisse réfléchir. Là est pour moi la condition sine qua non du chef d’oeuvre cinématographique : il nous laisse seul. A projeter du mieux qu’on peut nos petits bouts de pensées, qu’il renvoie en lumière et en son, qu’il perturbe, qu’il assaille. 

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  • Café soluble et croissant du four

    Une AeroPress, une cafetière à piston, un italienne, et un V60. Quatre cafetières, oui, le compte est bon. Quatre cafetières, et si je m’écoutais, au moins une de plus. Quatre cafetières, et pourtant pas moyen de bien faire du café pour deux. Quatre cafetières, c’est autant d’assiettes que dans mon appartement. Qui a autant d’assiettes que de cafetières ? Un minimaliste obsessionnel. 

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  • Tension interne à l’image

    Imaginez : des lions, des fauves africains de toutes sortes, tous plus dangereux les uns que les autres. Beaucoup de fauves, peut être une centaine. Ils se baladent dans une maison, ils se baladent dans l’espace humain. Comme si c’était le leur. Comme s’ils habitaient là. N’imagez pas. Le film s’appelle ROAR. 

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  • Au mieux, se trouver

    Il y a quelques jours, je partais seul à l’assaut des montagnes, à l’assaut des plateaux, à l’assaut du Vercors. C’est un voyage que j’avais préparé depuis des mois, que j’avais trop anticipé. J’en avais parlé à tout le monde, au point d’avoir peur d’en avoir trop dit. J’avais cette peur de recommencer l’échec douloureux que fût le Pays Basque de décembre dernier, où nous étions revenus, avec mon ami, cassés. Alors j’avais passé tout l’été à réfléchir comme un consommateur, à comment marcher plus léger, à comment randonner de manière raisonnée. C’était une réflexion aussi basse que philosophique, qui trouvait sa raison d’être dans le Vercors. En Septembre, rupture. La solitude, tenace. La perspective du Vercors gagne encore en profondeur.

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  • from where I stand

    I don’t know what she’s so mad about – from where I stand, I did nothing wrong!

    Cela fait des mois que je n’ai pas écrit ici. Cela fait des mois que j’avance sans boussole. J’ai esquissé ici et là quelques mots sur Lettre à John, mon premier long métrage. J’ai écrit un article qui en parle, et puis j’ai tout de suite replongé ; car finir Lettre à John, et mener une vie professionnelle, fonde un gouffre dans lequel je me suis perdu pendant les derniers mois. Ce gouffre, c’est celui d’un homme con, d’un jeune homme qui ne veut jamais faire ce qu’on attend de lui, ou qui ne sait pas dire non. Les pérégrinations d’un Gabriel trop curieux. Curieux au point qu’il a passé les derniers mois loin du cinéma, et que cela continuera sans doute. Curieux au point que sa vie se scinde, entre deux pôles, et qu’alors tout le Gabriel du passé perd sa vraisemblance.

    J’ai réalisé mon premier long métrage, et pourtant, je ne suis plus un réalisateur.

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  • C’est ça ? Un film.

    (On a fait un long avec Isée, Juliette, Rime et Jean-Baptiste : Lettre à John)

    Je ne suis pas un militant. Il fallait que je commence par là, je crois. Comme Leo Proudhammer, l’homme qui meurt[1]Sans doute le meilleur livre que j’ai lu de ma vie. de Baldwin, j’ai bien du mal à représenter quoi que ce soit. Heureusement, on ne me le demande pas. Comme Leo, je crois être un peu un artiste. Je ne sais pas ce que ça veut dire, et je ne sais pas l’expliquer à mes parents. J’aimerais vraiment être un type normal, poursuivre des études normales, et ne pas penser à autre chose que si la société va m’accepter. Mais je suis là, hors étude, complètement perdu entre autre, à vivre une vie qui ne sera jamais que la mienne. J’en ai tant de la fierté que de la pitié, un peu honte aussi. Un peu honte de ne pas savoir vivre comme les autres. Hier, je sortais d’une séance d’un film sur un homme qui meurt[2]Le soporifique mais marquant Seule la terre est éternelle., quand je croisai des jeunes. De mon âge sans doute, peut être un peu plus jeunes ? Ils sortaient, ils étaient en groupe à s’amuser ; moi j’étais seul. Ils avaient l’air beaucoup plus jeune que moi, mais ils ne l’étaient peut être pas. Je n’ai jamais eu l’âge que j’aurais dû avoir. Ma jeunesse n’a jamais existé, et pourtant, je suis quand même jeune. Je tatonne, je ne connais personne. J’ai sans faire exprès sauté une étape, trop d’étapes que j’ai enjambées et regardées en riant sur le bas côté, mais trop d’étapes que je n’ai pas faites, et quand j’arrive sur les reliefs d’aujourd’hui, je suis peut être, moins préparé. Comme en randonnée, j’ai des ampoules aux pieds. J’ai du mal, chaque jour, à savoir où je vais. Enfin bon, comme tout le monde.

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    References

    References
    1 Sans doute le meilleur livre que j’ai lu de ma vie.
    2 Le soporifique mais marquant Seule la terre est éternelle.
  • La question qui tue

    Jeudi soir, alors que j’aurais dû être en train d’absorber la vacuité de mon existence occidentale autour d’un verre avec des jeunes de mon âge, je me rendais à un rendez-vous pour jeunes se croyant trop intellectuels pour faire des choses de leur âge. Ce fût très intéressant, et à la fois un peu désolant, peut être, de voir que certains réfléchissent à beaucoup de choses, pour un seul but en fait : celui d’être le plus malin. Je n’y échappe pas, peut être. Peut être que ces phrases mal tournées ont pour seul objectif de vous faire croire que je suis le plus malin, ou peut être que j’essaie d’y présenter ma pensée de manière quelque peu divertissante. A vrai dire, je n’en sais rien. Je sais en tout cas, qu’en littérature, mes professeurs me détestaient. 

    Bref, après m’être restauré comme un startupper (nous étions à l’école 42), et soudainement pris d’une folle envie d’aller digérer au fond de mon lit (hamac), je décidais de partir. Je tombais là sur un homme très sympathique, qui, comme moi, cherchait la sortie.

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  • Trop intelligent pour Mr Mann

    C’est un article que je ferai court. J’étais devant un film de Michael Mann, Miami Vice, pour être précis. Là, un couple s’embrasse sous la douche. Le corps de Jamie Foxx est saillant. A ma droite, un homme pouffe.

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  • Films de commandes

    La semaine dernière, à peine un mois après Le dernier Duel, sortait sur les écrans House of Gucci de l’ami Ridley Scott. Tout ça, si proche du dernier Spielberg, Villeneuve, Almodovar et Anderson (Wes). Finalement, les vieux hommes blancs ont peut être encore de l’avenir.

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  • Le gros plan chez Cassavetes – amour

    He leaned up a little and watched her face. Her face would now be, forever, more mysterious and impenetrable than the face of any stranger. Strangers’ faces hold no secrets because the imagination does not invest them with any. But the face of a lover is an unknown precisely because it is invested with so much of oneself. It is a mystery, containing, like all mysteries, the possibility of torment.[1]Il se pencha et regarda son visage. A l’avenir, son visage serait alors plus impénétrable que levisage d’un étranger. Un visage étranger n’a pas de secret car on n’y rêve rien ; mais le … Continue reading

    James Baldwin, 1962, Another Country.

    Regarder un film de John Cassavetes, c’est un peu comme retrouver de vieux amis. On voit Gena, John, Falk ou Gazzara, mais aussi Seymour Cassel ou David Rowlands, qui toujours ponctuent l’œuvre du cinéaste. Mais plus que ça, du grand rôle au figurant, chaque personnage semble être particulier ; chaque visage semble cacher une nouvelle infinité, une vie entière. Cassavetes filme tout et tout le monde en gros plan. Il le fait si souvent qu’on pourrait croire à une lâcheté, une facilité. Pourtant, chaque plan, chaque visage nous marque, et l’on garde toujours un profond souvenir d’un film du new-yorkais. Souvent mal éclairé, toujours secoué, le gros plan est ici malmené, mais c’est pour une cause bien universelle.

    En quoi le gros plan chez Cassavetes est-il un acte d’amour révolutionnaire ?

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    References

    References
    1 Il se pencha et regarda son visage. A l’avenir, son visage serait alors plus impénétrable que le
    visage d’un étranger. Un visage étranger n’a pas de secret car on n’y rêve rien ; mais le visage d’un
    amant nous est inconnu, justement parce qu’on n’y projette tant de nous. C’est un mystère,
    contenant comme chaque mystère, la possibilité d’un tourment.