Voilà 10 jours que je n’étais pas allé au cinéma. Comment ai-je pu établir une telle prouesse, véritable geste d’abstinence digne d’un marathonien en préparation, je l’ignore et je le regrette. Les Écoles passent un film de Sidney Lumet inconnu et pourtant noté comme un chef-d’œuvre : Fail Safe, je m’abreuve goulûment de noir et blanc. Le lendemain, je lis un livre passionnant à propos d’Uncut Gems, un livre d’un critique intelligent ami d’ami, Nicolas Moreno. Je pense : le cinéma c’est fantastique. C’est une phrase qui me revient à l’esprit, peut-être trois fois par semaine. « Le cinéma c’est fantastique » comme si j’avais lu ça quelque part, mais non, je m’auto-cite de banalités. Pourtant cette phrase revient toujours. Le soir même, un nouveau dilemme : participer à la vie de la cité, « boire un coup », ou m’enfermer à nouveau dans les salles obscures. Mais le drogué en redescente n’a plus d’ami que sa dose retrouvée. Je tombe sur une proposition alléchante : How do you know – Comment savoir – de James L. Brooks.
Brooks, connais pas. Et ce film est une comédie romantique, genre inconnu de ma personne également. Mais ce film est affreusement noté, de l’ordre de moins de 2 sur Allociné. Il y a Owen Wilson dans la bande annonce qui a l’air beau et blond. Et surtout, un film mal noté qui repasse au Grand Action quinze ans plus tard ne peut être qu’un bon film ! J’ai confiance dans mes programmateurs. Alors m’y voilà, devant ce bide romantique. Et quel plaisir.
(suite…)