
He leaned up a little and watched her face. Her face would now be, forever, more mysterious and impenetrable than the face of any stranger. Strangers’ faces hold no secrets because the imagination does not invest them with any. But the face of a lover is an unknown precisely because it is invested with so much of oneself. It is a mystery, containing, like all mysteries, the possibility of torment.[1]Il se pencha et regarda son visage. A l’avenir, son visage serait alors plus impénétrable que levisage d’un étranger. Un visage étranger n’a pas de secret car on n’y rêve rien ; mais le … Continue reading
James Baldwin, 1962, Another Country.
Regarder un film de John Cassavetes, c’est un peu comme retrouver de vieux amis. On voit Gena, John, Falk ou Gazzara, mais aussi Seymour Cassel ou David Rowlands, qui toujours ponctuent l’œuvre du cinéaste. Mais plus que ça, du grand rôle au figurant, chaque personnage semble être particulier ; chaque visage semble cacher une nouvelle infinité, une vie entière. Cassavetes filme tout et tout le monde en gros plan. Il le fait si souvent qu’on pourrait croire à une lâcheté, une facilité. Pourtant, chaque plan, chaque visage nous marque, et l’on garde toujours un profond souvenir d’un film du new-yorkais. Souvent mal éclairé, toujours secoué, le gros plan est ici malmené, mais c’est pour une cause bien universelle.
En quoi le gros plan chez Cassavetes est-il un acte d’amour révolutionnaire ?
(suite…)References
| ↑1 | Il se pencha et regarda son visage. A l’avenir, son visage serait alors plus impénétrable que le visage d’un étranger. Un visage étranger n’a pas de secret car on n’y rêve rien ; mais le visage d’un amant nous est inconnu, justement parce qu’on n’y projette tant de nous. C’est un mystère, contenant comme chaque mystère, la possibilité d’un tourment. |
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